Open Marchabilité

From Communauté de la Fabrique des Mobilités

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Screenshot 2023-11-29 at 14-57-01 OSMarche.png

Short description: Une méthodologie pour cartographier les données piétonnes dans OSM

Description: Soutenu par l'ADEME, le projet Open Marchabilité s'est penché sur la description des données piétonnes dans OpenStreetMap.

Le principe : étudier les modalités pour décrire, compléter et utiliser la donnée OSM de marchabilité (et d'accessibilité). Au passage, essayer de comprendre pourquoi ces données sont aujourd'hui très peu présentes dans OSM, et proposer des actions et une méthodologie pour y remédier.

Territoires d'expérimentation : la métropole de Montpellier et la commune de Mouans Sartoux

Les livrables :

  • le rapport de fin de projet (ci-dessous, décrivant les travaux et réflexions ainsi que des propositions
  • l'amélioration de la donnée sur les territoires d'expérimentation (sur OpenStreetMap)
  • l'application web OSMarche que nous avons conçue dans le cadre du projet pour nous aider à réaliser un état des lieux des données piétonnes sur n'importe quelle ville française.

Place of use/experiment: Métropole de Montpellier, Mouans-Sartoux

Map (testing):

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Website: https://osmarche.someware.fr

Tags:

Theme: Open Street Map OSM, Vélo et Mobilités Actives, Données ouvertes, Collectivité, TENMOD

Organizations interested in contributing or already contributing: Someware

Organizations using or interested in using the resource:

Véhicule(s) impliqué(s) dans le projet :

Contributors: Florent Morel, Bertrand Gervais, Jérôme Thiard, Maxime Reinhart

Referent: Bertrand Gervais

Challenge related to this project: Promouvoir la marche utilitaire au même titre que la randonnée, Using smartphone and OpenStreetMap local community to create a collaborative and alterable transit map, Rendre accessible une mobilité individuelle à bas coût pour tous sans externalités négatives, Améliorer les solutions et développer de nouvelles solutions de mobilités pour tous, Ouverture de la donnée, Réduire dépendance à l'auto, Securité routière

Common(s) used:

Common(s) produced:

Related community: Communauté Cartographie Contributive, Communauté Vélo et Mobilités Actives, Communauté autour de l'accessibilité dans les transports, Communauté des acteurs Côte d'Azur, Communauté des acteurs de l'urbanisme et de la ville, Communauté des porteurs de projets TENMOD, Marche utilitaire, OpenStreetMap, OSM

Key people to solicit:

Level of development: :

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Needs:

Complement :

Next step:

Vous avez des questions ou commentaires sur cette page : Discussion:Open Marchabilité

Other informations:

Rapport de projet - Démarche et actions[edit | edit source]

Le développement de la marche à pied[edit | edit source]

La marche à pied est le 2ème mode de déplacement en France en nombre de trajets. Son développement est largement reconnu en termes de santé publique, inclusion sociale, et est compatible avec les objectifs d’adaptation au changement climatique en contribuant à la végétalisation des villes et désimperméabilisation des sols.

Marcher est le mode de déplacement le moins onéreux, au point de sembler trivial, et un réel angle mort des politiques publiques et du secteur du transport.

Pourtant, la marche à pied est le complément indispensable d’une offre de transports publics, et participe d’une revitalisation des villes à travers le petit commerce notamment. Il s’agit du ciment de la ville, comme l’indique la chercheuse Sonia Lavadhino.

Alors que l’essor des mobilités actives est une nécessité, et que l’essentiel des travaux en cours visent à améliorer la cyclabilité des villes ou l’offre de transports commun, il nous apparaît capital de mieux intégrer le piéton dans cette dynamique.

Comment améliorer la part modale des transports publics sans améliorer les rabbattements piétons ? Comment dynamiser des centre-villes ayant perdu l’essentiel de leurs emplois et de leur vie sans développer un maillage piéton sécurisé et convivial ? Comment lutter contre la sédentarité, et remettre les enfants dans les rues de nos villes ?

Pour cela, il est indispensable d’améliorer la marchabilité de nos villes, en commençant par un état des lieux.

Auditer la marche à pied[edit | edit source]

Quand une ville souhaite réaliser un état des lieux de sa marchabilité, elle dispose aujourd’hui de peu de solutions.

Elle peut développer la compétence en interne, en s’appuyant sur une étude bibliographique sur le sujet (nombreuses fiches d’information du CEREMA). Néanmoins le sujet est vaste et très peu outillé : comment mesurer la marchabilité ? comment consulter sa population ? Tout est à construire.

Elle peut aussi faire appel à un bureau d’étude en aménagement et urbanisme, ce qui est le plus souvent le cas, sous la forme de missions d’étude et préconisations pour l’amélioration de la marchabilité d’une place ou petit quartier. Ces cabinets réalisent alors des prestations in situ pour évaluer la qualité de marche, consulter les habitants et livrer un rapport sous la forme de fichier Word / Powerpoint. Il existe très peu de données existantes pour préparer de telles études, et celles créées dans le cadre de tels projets ne sont pas pensées pour de futurs travaux, dans une logique de capitalisation.

Quand il s’agit de se pencher sur l’accessibilité de son territoire, élément clé de la marchabilité (pour les personnes en situation de handicap, mais aussi toutes les personnes âgées), les villes ont alors tout à créer : la cartographie des cheminements piétons, leur accessibilité… Il n’existe presque aucune donnée en interne, ou en Open Data, pour amorcer le chantier.

En effet, depuis l’avènement des solutions cartographiques telles que Google Maps, ou de la cartographie libre avec OpenStreetMap, le piéton est encore une fois oublié.

Tous nos calculateurs d’itinéraires considèrent le piéton comme une voiture un peu particulière, circulant au milieu de la rue (et non sur les trottoirs), n’empruntant pas de traversée et avançant à 4 km/h. Seuls les chemins purement piétons sont cartographiés comme tels, mais pas les trottoirs et traversées, et encore moins leur praticabilité.

Or, tous les travaux sur le sujet montrent que, pour favoriser la marche, il est indispensable que les villes concilient la praticabilité des cheminements (trottoirs larges, revêtements entretenus…), leur confort (végétalisation, calme…) et la sécurité (vis-à-vis des autres transports, vis-à-vis d’autrui, éclairage).

A ce jour, il n’existe aucun référentiel pour ce type de données, et chaque état des lieux sur la marchabilité ou l’accessibilité d’un territoire doit pratiquement partir de zéro.

Parmi les solutions possibles, il nous est apparu évident qu’OpenStreetMap a le potentiel pour devenir ce référentiel, et nous avons souhaité mieux comprendre pourquoi il ne l’est pas déjà et comment l’améliorer.

Présentation du projet et du consortium[edit | edit source]

Notre projet a donc visé à réaliser un état des lieux des données piétonnes dans OSM, ainsi que des pratiques et outils de collecte. Pour mieux comprendre ce qui a freiné la création de données piétonnes jusqu’à présent, et pour proposer des améliorations.

Notre consortium est formé des sociétés :

  • Someware, spécialistes de l’audit de l’accessibilité et de la marchabilité, éditeur du calculateur d’itinéraires piétons Handimap
  • Florent Morel, expert en politiques cyclables et contributeur OSM aguerri

Le projet a été soutenu par l’ADEME dans le cadre de l’AMI TENMOD 2022, et réalisé entre octobre 2022 et novembre 2023.

Pour sa réalisation, trois territoires d’expérimentation ont été retenus, avec le soutien des élus locaux et services techniques :

  • Mouans-Sartoux
  • Saint-Drézéry et Castries (Montpellier Méditerranée Métropole)

Etat des lieux de l’existant : outils, pratiques de la communauté OpenStreetMap autour des données piétonnes et de la marchabilité[edit | edit source]

Cette première phase a eu pour but :

  • d’identifier l’ensemble des outils et pratiques existants (modèles de données, techniques de relevé terrain, données plutôt renseignées / peu renseignées) de la communauté OpenStreetMap (OSM) exploitables pour cartographier la marchabilité
  • caractériser les évolutions à apporter à ces outils et pratiques pour leur permettre de traiter le sujet de la marchabilité

Le travail s’est articulé autour des différentes notions à intégrer dans un modèle de données de description de la marchabilité, en s’appuyant sur les travaux réalisés par le CEREMA en la matière (schéma ci-dessous).

La marchabilité[edit | edit source]

Notion décrivant la capacité d’un lieu à susciter la pratique de la marche. De nombreux travaux de recherche ont porté depuis 15-20 ans sur la caractérisation de la marchabilité, et s’accordent sur 6 facteurs principaux favorisant celle-ci :

  • le temps/distance de parcours jusqu’à une destination, autrement dit la capacité à bénéficier d’une grande zone de marche autour de chez soi (inverse de l’enclavement)
  • l’intelligibilité du parcours (aspect intuitif de l’itinéraire)
  • l’esthétique de l’environnement autour des parcours
  • la possibilité d’accéder à des lieux d’intérêt (services, commerces, arrêts de transport)
  • la présence d’espaces verts et l’évitement de la pollution (bruit, air)
  • le sentiment de sécurité par rapport à la circulation et par rapport à autrui

Pour des personnes âgées ou en situation de handicap, on peut aussi ajouter l’accessibilité du parcours, avec des informations comme les escaliers et pentes, les largeurs de passage, les natures/états de revêtements, la présence de bandes de guidage ou podotactile, de trottoirs surbaissés, de bancs…

Les données piétonnes dans OSM[edit | edit source]

Des données factuelles[edit | edit source]

Les données qui permettent de caractériser la marchabilité d’une ville sont de plusieurs natures:

  • les données décrivant les parcours piétons (trottoirs, traversées, chemins), avec leur agrément, sécurité, accessibilité
  • les données décrivant l’offre de proximité, que recherchent les piétons : commerces et services, transports, parcs.

Par ailleurs, parmi ces données, on peut distinguer :

  • les données factuelles, faciles à décrire de façon objective : localisation des trottoirs, largeur, pente, bancs, végétation, commerces…
  • les données ressenties, telles que le sentiment de sécurité ou l’agrément sur le plan esthétique, l’impression de propreté, de calme…

OpenStreetMap est une base de données libre visant à recenser des informations factuelles, vérifiables, indépendantes du ressenti de chacun, sans opinions.

Une page du WIKI OSM décrit précisément le type de données attendues dans OSM :

https://wiki.openstreetmap.org/wiki/Verifiability

Autrement dit, le premier constat qui doit être fait est qu’OSM ne pourra pas décrire toute la marchabilité d’un lieu, car il s’agit d’une donnée ressentie, subjective même si la plupart des personnes empruntant certaines rues peuvent s’accorder sur son caractère esthétique ou non, sa propreté ou non.

Néanmoins, OSM peut contribuer à décrire de nombreuses données factuelles.

Description des parcours piétons et de leur praticabilité / accessibilité[edit | edit source]

Le tableau ci-dessous dresse un état des lieux synthétiques de bon nombre d’objets géométriques piétons, tels que les cheminements et obstacles, et de notions/tags participant à la cartographie de la marchabilité.

Objet Champ OSM valeurs Commentaire + d’infos
Voie piétonne highway footway, pedestrian, living_street, patch, track, steps, bridleway voie prévue pour les piétons ou sur laquelle les piétons sont prioritaires et peuvent circuler sur toute la largeur de la chaussée. --------
Trottoir footway sidewalk/crossing quand il s’agit d’un trottoir, un passage piéton… --------
Autres voies highway autres que spécifiques piétons chaussée sur laquelle circulent des véhicules. Les piétons peuvent circuler sur le côté de la chaussée, typiquement un trottoir. --------
-------- foot/wheelchair yes/designated/etc permet de préciser l’accès à pied ou en fauteuil roulant https://wiki.openstreetmap.org/wiki/FR:Key:wheelchair
-------- segregated yes/no Sur un axe partagé, précise si un espace distinct est prévu pour chaque mode de déplacement --------
Présence de trottoir (décrit au niveau de l’axe central d’une voie) sidewalk both/left/right --------
Passage piéton highway=crossing ou footway=crossing -------- https://wiki.openstreetmap.org/wiki/FR:Tag:footway%3Dcrossing
Escaliers / Rampes highway=steps / highway=* + ramp:wheelchair=* -------- Vérifier le sens de montée des escaliers défini par le tag incline=* --------
Obstacles barrier block/bollard/etc barrier=kerb décrit le rebord d’un trottoir. Un point de passage permet de franchir un obstacle linéaire. --------
Surfaces praticables par les piétons highway=pedestrian + area=yes -------- --------
Mobilier urbain amenity ou highway selon les cas highway=street_lamp / amenity=bench/waste_basket -------- --------
Pentes incline valeur + % Rarement présent mais facile à calculer
Dévers Absent dans OSM
Passages piétons informels, non marqués mais largement empruntés par les piétons pour traverser une rue Autorisés dans OSM , mais rarement décrits. absents dans de très nombreux quartiers résidentiels et pourtant les gens traversent la rue Comment modéliser ces traversées “informelles” ? Cf https://help.openstreetmap.org/questions/36692/whether-or-not-to-map-virtual-crossings
Accessibilité motrice/visuelle/auditive/mentale wheelchair, kerb, tactile_paving, width, surface Difficulté de décrire l’ensemble des attributs qualifiant l’accessibilité (cf travaux en cours sur le Val de Marne) Plusieurs pages très complètes décrivent les bonnes pratiques pour décrire l’accessibilité: https://wiki.openstreetmap.org/wiki/FR:Handicaps

Autrement dit, on voit ici que le modèle de données OSM courant est largement doté en objects et notions piétonnes factuelles.

Autres objets urbains et informations ayant un impact sur la qualité de marche[edit | edit source]

Comme la marchabilité ne se mesure pas seulement avec des données décrivant le cheminent piéton, voici d’autres types d’objets et notions importants:

Objet Champs OSM Commentaire + d’infos
Espaces verts dans les études, le bruit est généralement déduit/évalué à partir de la nature des axes routiers (tag highway)
Pollution de l’air Voir sites Atmo régions
Commerces, services grocery stores, restaurants, shopping (shopping & business), cafés and bars/pubs, banks (ATMs), schools, books (libraries & book stores), and entertainment (cinemas, sport venues, museums) liste disponible sur https://openpoimap.org/
Arrêts de transport -------- exemple de la ville de Digne qui a cartographié l’intégralité de son réseau de transport sur OSM --------
Bancs, fontaines à eau bench, drinking_water -------- --------
Volume de trafic sur une rue/route -------- A corréler avec la vitesse réelle (V85)
Piste cyclable jouxtant le chemin piéton cycleway faisant office de tampon entre le flux motorisé et les piétons

Outils pour décrire la marchabilité dans OSM[edit | edit source]

Le projet OSM est doté de très nombreux outils pour créer de nouvelles données ou améliorer celles existantes.

Un état des lieux très complet des outils au service de la description de l’accessibilité a été réalisée par le LIMOS dans le cadre du projet de recherche Compas: Cartographie et Outils Multisensoriels Pour l’Accessibilité Spatiale.

La synthèse de ces travaux est disponible ici:

https://compas.limos.fr/blog/outils-contribution-osm-accessibilite/

Parmi les outils phare de la communauté OSM, on peut noter :

  • iD : éditeur web généraliste, permettant de créer/éditer tous types d’objets
  • Street Complete : éditeur mobile (Android), basé sur le principe de quêtes/questions permettant de remplir certains tags OSM. Ces quêtes peuvent être rassemblées sous la forme de thèmes
  • Wheelmap : un éditeur spécialisé sur la description très simplifiée de l’accessibilité

:TODO: Voir comment décrire autres outils tels que :

OpenStreetBrowser https://community.openstreetmap.org/t/openstreetbrowser-new-category-kerbs/7352

https://mapcomplete.osm.be/

https://every-door.app/

Il apparaît donc clair que les outils, comme le modèle de données, OSM ne sont pas un frein à la description des données piétonnes dans OSM.

Sans doute nécessitent-ils quelques adaptations pour la faciliter, mais ils ne sont pas en soi la raison principale pour laquelle les données piétonnes sont si peu décrites dans OSM.

Les données piétonnes existantes dans OSM[edit | edit source]

Pas de fond OSM et outils dédiés au piéton[edit | edit source]

Bien qu’OSM propose de nombreux fonds cartographiques généralistes ou thématiques issus de sa base de données, il n’est pas aisé de réaliser un état des lieux des données piétonnes dans OSM.

Les fonds OSM intégrant les parcours piétons, tels qu’OSM-fr, relèvent d’une volonté affirmée de cartographier toutes les mobilités. Pour les piétons, sont donc visibles les trottoirs, passages piétons, rampes, ascenseurs, potelets et bandes podotactiles.

Néanmoins aucun fond thématique pour les piétons est proposé, alors que c’est le cas pour la cyclabilité.

De même, aucun outil OSM ne permet une visualisation cartographique thématique de l’ensemble des données piétonnes d’OSM.

Quand renseigner certaines données peut devenir une corvée[edit | edit source]

En visualisant la base de données OSM avec l’éditeur iD, il est clair que les différentes couches de mobilité de la plupart des rues (du centre, avec les voitures, aux côtés avec les pistes cyclables puis les trottoirs) ne sont pas aisées à saisir sous la forme d’un graphe topologique.

En effet, autant la description d’un réseau (routier, cyclable, piéton) est assez aisée, autant la conjugaison des différents réseaux peut être complexe car leurs règles de description ne sont pas les mêmes.

Exemple :

  • un réseau routier se décrit le plus généralement par une polyligne au centre de chaque rue, avec des points le long du réseau pour matérialiser la position des traversées piétonnes interrompant potentiellement, et sur un temps court/ponctuel, la circulation au même titre d’un carrefour à feux
  • pour le piéton, le réseau doit être composé de trottoirs, de chemins, et de traversées sous la forme de polylignes car, à l’échelle du piéton, une traversée représente une distance non négligeable reliant deux trottoirs.

Or comment concilier des traversées sous la forme de points et d’autres sous la forme de polylignes ? Il faut sans doute renseigner les traversées sous ces deux formes, ce qui n’est clairement pas très emballant pour les contributeurs.

Pour contourner ce problème, le choix le plus courant qui a été réalisé dans OSM est une description des données piétonnes au niveau des axes routiers. En indiquant par exemple, que l’axe comporte un trottoir à droite/gauche ou non puis, toujours sous la forme de tags, que tel trottoir a telle largeur, pente…

Encore une fois, cette forme d’écriture sous la forme de tags a aussi eu ses limites, car l’attrait d’OSM est avant tout lié à la possibilité de combler une page blanche en dessinant tous les objets physiques de notre environnement.

Décrire tous leurs paramètres, ce que permettent les tags, n’est pas aussi satisfaisant pour un contributeur, et peut vite s’apparenter à un sacerdoce malgré le succès d’applications tels que Street Complete visant à rendre ce type d’opération ludique.

Cet état de fait est notamment la raison pour laquelle les données OSM ne sont pas utilisées dans des calculateurs d’itinéraires embarqués dans les voitures : les vitesses de circulation ne sont pas assez renseignées et à jour, les restrictions de sens de parcours ou de hauteur/largeur/poids non plus.

Tout comme dans le domaine Open Source, la professionnalisation de la communauté OSM apparaît comme une nécessité pour proposer des données plus complètes, plus à jour et plus fiables.

La création de la Fédération des pros d’OSM en France en 2022 va clairement dans ce sens, et souligne les limites d’une communauté de contributeurs réalisant des améliorations sur leur temps libre.

Amélioration de la donnée de marchabilité dans OSM[edit | edit source]

L’état des lieux que nous avons réalisé a montré que :

  • Le modèle de données OSM le plus courant permet bien de décrire les données piétonnes objectives/vérifiables
  • OSM est largement doté d’outils permettant de cartographier ces données
  • Il n’existe néanmoins pas d’outil / fonds thématique pour réaliser un état des lieux des données piétonnes dans OSM. Celles-ci sont un peu noyées parmi les autres données
  • La description de la marchabilité nécessite le renseignement de nombreux attributs/tags, et pas seulement le dessin des parcours piétons. Or le renseignement des attributs / tags est une activité plus rébarbatrice et fastidieuse que le dessin, et est plutôt du ressors de professionnels que de contributeurs sur leur temps libre.

Auditer les données piétonnes sur un territoire[edit | edit source]

Pour améliorer les données piétonnes sur un territoire, il convient en premier lieu d’identifier les données existantes.

Or, on l’a vu, il n’existe pas à ce jour dédié aux données piétonnes dans OSM… Nous l’avons donc conçu !

OSMarche[edit | edit source]

Sous le nom d’OSMarche, l’outil permet de consulter les données d’une ville et de consulter :

  • les trottoirs dessinés
  • les trottoirs renseignés au niveau de la géométrie de l’axe central de la rue (pratique assez courante dans OSM)
  • les rues sans trottoirs (autrement dit, celles pour lesquelles il est taggé sur l’axe central qu’il n’existe aucun trottoir à gauche/droite)
  • les rues théoriquement avec des trottoirs (autrement dit, toutes celles qui ne sont pas taggées comme sans trottoir)
  • les chemins piétons
  • les chemins partagés piétons / cyclistes
  • les passages piétons dessinés sous la forme d’un point
  • les passages piétons dessinés sous la forme d’une polyligne

Présentées de façon cartographique, et via quelques diagrammes (ex: ratio de trottoirs dessinés / trottoirs théoriques), le site permet de visualiser les lacunes en termes de données dans OSM et a pour vocation d’aider à la collecte de données piétonnes.

Grâce à un mécanisme permettant de visualiser les dernières données créées, il permet aussi de voir les efforts en cours ou récents.

Conçu et testé dans le cadre du projet Open Marchabilité, l’outil a notamment été mis entre les mains de la Direction SIG / Espace public de Montpellier Méditerranée Métropole, qui a loué sa facilité d’utilisation et a démontré son intérêt pour la collecte de données piétonnes.

L’outil est disponible à cette adresse: https://osmarche.someware.fr

Son code source est ouvert et disponible ici :

Autres outils[edit | edit source]

Pour améliorer les données piétonnes dans OSM, il peut être utile de prioriser le travail de création de données… et donc de se doter de données ressenties sur la qualité de marche dans la ville.

Pour cela, nous recommandons deux outils:

  • Vigilo : solution mobile grand public de signalements de problèmes sur la voirie à destination des cyclistes et piétons. L’outil est généralement déployé par les associations locales, et peut aussi l’être ponctuellement dans le cadre d’une étude sur les conditions de déplacements “actifs” (piéton, vélo…) dans une ville. Il fournit des données cartographiques qui peuvent aider à identifier des secteurs problématiques, sans doute à cartographier en priorité.
  • Ville Marchable : solution web d’enquête participative conçue par Someware, Ville Marchable permet de consulter les habitants sur les conditions de marche dans leur ville, avec des réponses au niveau de chaque rue/tronçons entre deux intersections. L’outil permet via l’agrégation des réponses de réaliser une cartographie complète des qualités et difficultés rencontrées par les piétons, avec un accent sur les volets Confort et Sécurité de marche. Comme Vigilo, il permet de réaliser un état des lieux permettant de guider et prioriser le travail de collecte fine de données piétonnes.

Prioriser la collecte de données piétonnes[edit | edit source]

Faut-il cartographier tous les trottoirs et traversées d’un territoire ? Référencer toutes les informations concernant les conditions de marche au niveau de chaque trottoir/traversée ?

En théorie, oui, il faudrait faire cela, et ne rien omettre du territoire puisque des personnes sont susceptibles de marcher, ou circuler en fauteuil roulant, partout.

Néanmoins, les statistiques sur la marche à pied parlent d’elles-mêmes : aujourd’hui, 60% des habitants considèrent que la marche est leur mode de déplacement privilégié sur des distances allant jusqu’à 1 km (soit un peu plus de 10 minutes de marche).

Au delà d’1 km et en dessous de 2 km, ce sont seulement 20% des habitants qui marchent.

Autrement dit, les pôles générateurs de mobilité d’un territoire (gare, rue commerçante…) attirent en vérité essentiellement des personnes dans un rayon d’1 km. Au delà d’1 km, la quasi totalité des personnes basculent sur d’autres modes de déplacement, en priorité la voiture.

Si l’on souhaite améliorer l’information à destination des piétons, c’est donc dans ces zones d’environ 1 km autour des pôles générateurs de mobilité qu’on doit le faire, car ce sont ces zones qui ont un réel potentiel pour attirer des piétons.

En résumé, pour cartographier la marche à pied, il est recommandé de :

  • identifier les pôles générateurs de mobilité
  • cartographier le rayon d’1 km autour de chaque pôle
  • collecter les données piétonnes en priorité dans ces zones. Voire peut-être uniquement dans ces zones puisque le reste du territoire a un potentiel piéton bien plus faible.

Cartographie des cheminements piétons (géométries)[edit | edit source]

Avant de procéder à l’amélioration de la donnée existante en terme de qualité, il convient d’ajouter les éléments indispensables : en premier lieu, les trottoirs et les liens vers les traversées piétonnes.

Les traversées piétonnes sont matérialisées par un point sur l’axe de voirie principale, en ajoutant les attributs highway=crossing.

L’étude des données OSM a montré que la jonction entre les trottoirs (lorsqu’ils existent) et le passage piéton n’est quasiment jamais matérialisée.

Les calculateurs d’itinéraires piétons doivent alors déduire la façon de traverser la rue (en prenant la perpendiculaire à la rue par exemple) sans plus d’information.

Dans le cadre du projet, nous avons donc réalisé un travail de cartographie ayant pour but de matérialiser :

  1. le plus grand nombre de trottoirs possibles ;
  2. le cheminement piéton lors de la traversée de voirie.

Les caractéristiques de cet exercice étaient les suivants :

  • zone d’1km sur 2km (autour du pôle générateur de mobilité de la commune de Mouans-Sartoux);
  • réalisée par une personne très expérimentée dans la cartographie OSM ;
  • très forte connaissance du terrain.

Cet exercice a permis l’ajout des trottoirs et traversées sur le centre ville de Mouans-Sartoux en une heure seulement.

Autrement dit, une zone à fort potentiel piéton peut être cartographiée dans un temps très court (1h seulement) dans une commune de la typologie de Mouans-Sartoux.

Pour plus de détails :

La création des géométries a aussi été testée avec le service SIG de Montpellier Méditerranée Métropole, précisément sur les communes de Castries et Saint-Drézéry.

Le résumé de l’expérimentation, outilé avec OSMarche, a été le suivant :

Bonjour à tous,

Nous avons fini la saisie des trottoirs sur les 2 communes tests, pour info.

L’outil de synthèse que vous avez modifié est d’une aide précieuse et pratique.

J’ai pu également faire un test autour de la gare de Montpellier par rapport aux obligations de la LOM, c’est long et pénible, par contre !

Bruno Béguin

Les conclusions de cet exercice sont les suivantes :

  • La création des géométrie est une première étape indispensable pour l’amélioration de la cartographie de marchabilité des villes ;
  • Elle ne doit pas être nécessairement réalisée par des bénévoles (pratique usuelle d’OSM) : l’investissement en temps est relativement faible pour une collectivité/entreprise qui souhaite ensuite exploiter ces données ;
  • Une forte connaissance terrain est cependant nécessaire. En effet, les meilleures vues aériennes disponibles ne permettent pas de bien visualiser les trottoirs, obstacles, etc…
  • La vitesse de collecte des données dépend fortement du territoire : rapide dans une petite ville et long en centre urbain dense.
  • Néanmoins, par soucis d’efficacité, seules les zones de rabattement d’1 km autour des pôles générateurs de mobilité peuvent être cartographiées.

Cartographie de la qualité de marche (attributs)[edit | edit source]

Pour cartographier la qualité de marche au niveau de chaque cheminement (trottoirs, traversées, chemins), StreetComplete, l’outil de la communauté OSM le plus adapté et populaire pour le tagging d’objets nous a semblé un choix évident.

Le but de cet outil est d’améliorer les données OSM en parcourant les rues d’une ville et en répondant à des questions (“quêtes”), identifiées via des icônes sur une carte.

L’outil est disponible seulement pour Android, ce qui est potentiellement un frein assez notable à son adoption.

Un premier travail de définition des quêtes adaptées à la cartographie de la marchabilité a été réalisé. Pour cela, nous avons essayé de confectionner un jeu de quêtes le plus petit possible pour éviter de rendre le relevé fastidieux avec les éléments essentiels et disponibles sur l'application pour cartographier la marche et l'accessibilité. Cette sélection comprend une trentaine de quêtes permettant de renseigner des informations sur les trottoirs (présence, type de surface...), les traversées, les escaliers, les éléments pour l'accessibilité (revêtement podotactile, feu sonore...) ou encore l'éclairage.


En pratique / CartoPartie à Mouans-Sartoux avec StreetComplete[edit | edit source]

Suite à l’ajout des trottoirs et traversées dans OSM, nous souhaitions évaluer la pertinence d’un outil comme StreetComplete pour améliorer d’autres aspects de la marchabilité.

Nous avons réalisé deux expérimentations sous forme de CartoPartie :

  • Avec des élus de Mouans-Sartoux dans un premier temps ;
  • Overte au public lors d’un événement autour des mobilités actives organisé par la ville de Mouans-Sartoux (03/06/23).

CartoPartie avec les élus de Mouans-Sartoux

Dans une démarche de sensibilisation à la marchabilité et afin de susciter l’intérêt sur notre projet, nous avons sollicité les élus de la ville de Mouans-Sartoux pour leur proposer une CartoPartie à l’aide de l’outil StreetComplete.

Nous avons choisi la quête sur le thème de la marchabilité.

Disponible uniquement sur la plateforme Android, une élue n’a pas pu installer l’application.

Après une introduction de notre projet et de la démarche, chacun a installé l’application sur son téléphone et nous sommes partis en groupe (4 personnes).

La simplicité d’utilisation et de réponse aux questions en font un outil idéal pour ce genre d’action.

Un animateur peut être nécessaire lorsque les membres du groupe sont novices en cartographie et sur le principe collaboratif d’OSM. Il peut aussi recentrer les discussions lorsque celles-ci dérivent trop de l’objectif principal.

En une heure nous avons couvert une zone d’1km2 environ et répondu à la plupart des questions posées.

Points d’amélioration de l’outil StreetComplete :

  • Les quêtes ne sont pas configurables, nous devions donc répondre à une série de questions imposées par l’outil ;
  • les questions peuvent paraître répétitives
  • Le contenu des quêtes est majoritairement lié aux passages piétons et escaliers. Nous avons eu quelques informations à remplir sur les arrêts de bus, sur le revêtements des rues et trottoirs.
  • il n’est pas possible d’indiquer la largeur d’un trottoir ni d’indiquer si un obstacle empêche le cheminement piéton/PMR.

La cartopartie a duré une heure environ. L’expérience est plaisante pour les participants.

Nous avons évoqué le degré “agréable” d’un cheminement (deux cheminements parrallèles possibles dont un est bien plus agréable que l’autre).

Le besoin d’indiquer le passage à privilégier est bien identifié mais pour l’instant difficile à résoudre via StreetComplete/OSM.

Voici les retours d’expérience partagés par les élus :

Bonjour à Tous,

En effet je confirme la facilité d’emploi de l’appli. La solution de collecte de données en équipe fonctionne bien, le partage des questions entre les différents membres de l’équipe permet de montrer la complémentarité d’actions entre les membres de l’équipe.

Dans les points d’amélioration il me semble qu’il serait intéressant qu’il y ait un pictogramme qui mentionne les points qui ont déjà été renseignés ou qui ont fait l’objet d’un commentaire libre.

A voir s’il serait pertinent de créer un indicateur qui donne le taux de remplissage par commune,

Outre les escaliers qui constituent des points noirs il faudrait aussi repérer les trottoirs trop étroits ou pour lesquels la déambulation est rendu compliquée par la présence de marches donnant accès à des locaux privés, ou la présence de poteau (éclairage public, publicité, …), de bornes ,…pour ces points durs ne faudrait-il pas demander au collecteur de noter la largeur disponible restante ?

C’est en tout cas une super initiative.

merci

Marc FAURE

Cartopartie ouverte au public

Suite à la cartopartie avec les élus, nous avons souhaité solliciter les citoyens pour évaluer leur expérience de marche dans la ville.

Pour cela, nous avons tenu un stand le 03 Juin 2023 à la fête du vélo (et des mobilités actives) de Mouans-Sartoux.

Une carte papier grand format était affichée et les visiteurs étaient invités à coller des gommettes :

  • vertes pour les lieux où leur expérience de marche était positive ;
  • rouges ou jaunes pour les lieux à améliorer.
PXL 20230603 124619604.jpg

Après quelques heures d’échanges, la carte montrait clairement les cheminements préférés des habitants et ceux qu’ils évitaient.

Après étude de la carte remplie, les élus (dont M. le Maire) sont venus sur place et nous ont indiqué qu’ils n’étaient pas étonnés des points à améliorer comme des lieux propices à la marche.

Cette expérience nous a permis de mettre en avant une constatation simple mais claire : citoyens comme élus sont relativement en accord concernant la qualité de marche sur un territoire.

Ce qui n’est pas forcément le cas pour le vélo par exemple où de bien plus grandes disparités existent.

Nous retenons aussi que si les lieux à améliorer “existent depuis longtemps”, c’est qu’une politique de développement de la marche appropriée permettrait d’améliorer le ressenti des habitants, facilitant ainsi les déplacements à pied sur la ville.

C’est de ce constat que nous avons ensuite développé notre action vers une “méthodologie de développement de la marche via une politique volontariste”, que nous décrivons en synthèse, et quue nous souhaitons désormais accompagner les collectivités dans cette démarche.

Usage de StreetComplete par une personne étrangère au territoire

Une deuxième action ce jour-là consistait en l’utilisation de StreetComplete par une personne ne connaissant pas du tout la ville.

En parcourant les rues, il a pu répondre aux quêtes proposées sans difficulté et améliorer ainsi les données de marchabilité.

Autrement dit, la collecte de données sur le terrain est clairement réalisable par tout type de personnes, sans connaissances particulières du territoire.

Echanges avec la communauté OSM / Présentation State Of The Map France[edit | edit source]

En parallèle de la réalisation du projet, nous avons à plusieurs occasions échangé avec la communauté OSM, notamment via les deux évènements State Of The Map France 2022 et 2023.

C’est de ces échanges qu’est apparue la nécessité, pour faciliter son usage par la communauté, de rendre l’outil OSMarche open source et disponible de façon publique en ligne.

Après la fin du projet, en 2024, nous reviendrons présenter nos travaux et conclusions devant la communauté, a minima lors de State Of The Map France 2024.

Notre objectif est de promouvoir l’outil et la méthodologie de collecte que nous proposons.

Synthèse : Plan d’actions à mener[edit | edit source]

En synthèse, nous proposons un plan d’action à destination de la communauté OSM et des collectivités pour améliorer les données piétonnes dans OSM.

Plan d’action pour la communauté OSM[edit | edit source]

Comment améliorer les données piétonnes dans OSM ?

Voici notre méthodologie en résumé:

  • d’abord, identifier les pôles générateurs de mobilité et leur zone de rabattement à 1 km environ. Pour ce faire, il peut être très utile d’améliorer le référencement des commerces, arrêts de transport et espaces verts, qui sont les lieux les plus attractifs à pied.
  • ensuite, auditer les données existantes dans ces zones avec l’outil OSMarche
  • dessiner l’ensemble des trottoirs et traversées sous forme géométrique, pour matérialiser là où les gens marchent réellement (pas au milieu de la rue en général…). Ce dessin doit être réalisé par une personne connaissant bien le territoire
  • arpenter le territoire avec StreetComplete, configuré pour ne proposer que des quêtes sur la qualité de marche. Cette action peut être réalisée par des débutants, sans avoir besoin de connaître le territoire.

Plan d’action pour les collectivités[edit | edit source]

Le préalable à la mise en place d’une politique en faveur du piéton est de réaliser un état des lieux de la marchabilité de son territoire.

Cet état des lieux passe d’abord par :

  • l’identification des pôles générateurs de mobilité et leur zone de rabattement à 1 km
  • l’usage des outils Vigilo et Ville Marchable, qui apporteront des données précieuses sur le ressenti piéton en matière de praticabilité, confort et sécurité de marche

A ce stade, les données collectées permettent de réaliser une analyse générale de la qualité de marche ressentie dans les zones de rabattements.

En croisant ces données avec les IRIS (INSEE), il est possible de :

  • mettre en lumière les rues les plus favorables/défavorables à la marche pour un grand nombre de personnes.
  • définir des actions d’aménagement

Pour aller plus loin, notamment sur l’accessibilité PMR (au coeur des problèmes rencontrés par tous les piétons) et pour améliorer les calculateurs d’itinéraires sur son territoire, il faut ensuite :

  • auditer les données OSM existantes dans ces zones, avec l’outil OSMarche
  • cartographier les cheminements piétons (trottoirs, traversées…), particulièrement dans la zone de rabattement de 1 km autour des pôles générateurs de mobilité
  • cartographier les conditions de marche au niveau de chaque cheminement (tags), et d’abord l’accessibilité de chacun. Pour cela, il est recommandé de privilégier une méthodologie de renseignement de tags en 2 temps : d’abord les tags faciles à remplir à partir d’imagerie type Mapillary ou en allant sur le terrain (quête Streetcomplete à prévoir pour ce premier niveau de tags). Puis disposer de jeux de quêtes streetcomplete thématiques/spécialisés pour approfondir le renseignement d’attributs

Ces données piétonnes fines, intégrant l’accessibilité, peuvent alors:

  • Permettre d’identifier les actions d’aménagement à mener sur le terrain (cela passe par la mise en place d’un schéma directeur piéton)
  • Alimenter les calculateurs d’itinéraires piétons / PMR

Conclusion[edit | edit source]

En conclusion de notre projet, nous souhaitons souligner ses réalisations, et les pistes de travaux futurs.

Tout d’abord, le projet a conduit à :

  • l’écriture du présent rapport sur les données piétonnes dans OSM, les outils testés et des recommandations pour la collecte
  • l’amélioration de la donnée sur le territoire ;
  • la mise au point de l’outil OSMarche qui facilite l’audit des données piétonnes dans OSM

L’ampleur du projet n’a pas permis particulièrement de travailler sur d’autres objets cartographiques que les cheminements piétons, comme les commerces, services, arrêts de transport qui conduisent fortement à caractériser la marchabilité d’un territoire.

Le projet est néanmoins un succès pour avoir permis, en parallèle de travaux qui ont commencé simultanément dans la communauté OSM, de souligner le besoin et la manière de mieux cartographier la mobilité piétonne dans OSM.

Tout comme les données cyclables, ces données sont au coeur des évolutions à venir en termes de mobilité. La marche à pied est beaucoup moins simple qu’elle peut paraître, et elle est le véritable ciment entre toutes les mobilités.

La cartographie des cheminements piétons dans OSM, et la caractérisation de leur qualité (tout d’abord leur accessibilité), sont de notre point de vue essentiel à l’amélioration des réseaux de transport public, en tenant mieux compte de la marchabilité des rabattements piétons pour attirer plus d’usagers qu’aujourd’hui.

Mieux travailler la combinaison entre marche et transports publics apparaît comme un axe très prometteur pour réduire les émissions de CO², en complément d’autres alternatives à la voiture comme le vélo ou les véhicules intermédiaires.