Notre référentiel des mobilités/Les 6 ruptures

De Communauté de la Fabrique des Mobilites

(étude Groupe Chronos pour l'ADEME)

La définition des six ruptures permet d’orienter les réflexions et d’ouvrir un champ des possibles extrêmement vaste dépassant la mobilité pure. Ces ruptures ont été mises en perspective avec des verbatim d’auteurs et de sources variées. Dès lors, y sont intégrés des questionnements numériques, infrastructurels, individuels, anthropologiques, urbanistiques, sociaux, etc.

Rupture 1 - La fin du modèle infrastructurel

Les limites de l'offre, les étranglements budgétaires, les injonctions environnementales, le recul des dotations, les congestions récurrentes, les transformations des modes de vie renvoient aux limites du modèle infrastructurel à l’œuvre depuis plus d’un siècle. Il est désormais nécessaire de mieux considérer le diptyque mobilité subie / choisie et d'accompagner la révolution servicielle pour palier aux déficits de l'infrastructure.

Rupture 2 - Les usagers moteurs de l'innovation

Les usagers activent des transformations. Ils votent avec leurs pieds et plébiscitent le vélo en partage, le covoiturage, la marchabilité, les VTC, toutes les formes de partage… mais aussi l'intégration des modes, voire la délocalisation et la désynchronisation du travail, du commerce. Le citadin prend la main, se saisit du numérique et fait valoir ses “maîtrises d’usage”, afin de réduire ses mobilités contraintes.

Rupture 3 - Inflation versus Déflation des mobilités

La tentation de déflation des déplacements motorisés lutte avec la force d'inertie des étalements urbains et celle de la croissance des infrastructures. Ce dilemme conduit à repenser les territoires et l'ajustement des résidences aux ressources de la ville, et d’une manière plus générale toutes les économies des ressources, et singulièrement celles qui relèvent des pratiques urbaines (proximités, mobilités de voisinage, modes actifs, démobilités…).

Rupture 4 - Les intégrations des mobilités

L'offre de transport n'est qu'une des variables d'ajustement des pratiques, qui ne peut faire l'économie d'une intégration dans des systèmes modaux, territoriaux, tarifaires. La rupture est l'extension du domaine des mobilités, au-delà du déplacement, en élément pivot des organisations de la ville et du quotidien. Dans cette intégration, offres matérielles et servicielles se côtoient, progressivement au profit de la première. Le sujet crucial devient alors l’organisation des données (plateformes, régies, places de marché) et des chaînes de valeurs.

Rupture 5 - La mutation des services publics : l’intérêt général et les biens communs

Si les urbanistes viennent de s’emparer de la notion de “bien commun territorial” (Congrès FNAU, novembre 2014), les membres du Comité de débat de l’ouverture des données transport (Rapport Jutand ) suggèrent la notion “d’intérêt général” pour justifier que toutes les données nécessaires (comme celles de Uber à Boston ou à Portland) soient mises à contribution pour consolider une action publique concertée.

Rupture 6 - Les générateurs de mobilité comme point d'appui

Les "générateurs de mobilité" (institutions, entreprises) interviennent dans l'organisation des mobilités et en transforment les mécanismes. Ils sont un acteur crucial de la maîtrise et de la régulation des trafics ; imposant leurs horaires et dès lors les contraintes attenantes. L’intervention des générateurs est pourtant un levier insuffisamment exploré alors qu’il s’agit d’un gisement fécond d’innovations, pour les start-up, les territoires et les entreprises.